Depuis l’entrée en vigueur de la réglementation européenne sur les drones, les télépilotes de loisir peuvent être amenés à suivre une formation et à passer un examen théorique avant de pouvoir exploiter certains drones.
Pour un pilote qui découvre la réglementation, les appellations A1, A2 et A3 peuvent rapidement devenir difficiles à comprendre. Quelle est la différence entre A1/A3 et A2 ? Quel examen faut-il passer ? Est-ce obligatoire pour tous les drones ? Combien coûte la formation ? Et surtout, quelle formation faut-il passer pour son propre drone ?
Voici un résumé des règles actuellement applicables en France.
A1, A2 et A3 : trois sous-catégories de la catégorie Open
La réglementation européenne distingue plusieurs catégories d’exploitation des drones.
Pour le pilote de loisir, celle qui nous intéresse principalement est la catégorie Open, qui correspond aux opérations présentant un niveau de risque relativement faible.

La catégorie Ouverte (Open) de la réglementation européenne encadre les vols de drones à faible risque (vol à vue, hauteur maximale de 120 mètres, interdiction de survoler des rassemblements de personnes).
Elle se divise en trois sous-catégories A1, A2 et A3 définies principalement par la proximité tolérée avec les personnes et la classe de marquage CE du drone
La formation A1/A3 : le point de départ
La formation A1/A3 est la formation théorique de base pour les opérations concernées en catégorie Open. En France, la DGAC propose cette formation gratuitement en ligne, notamment via le portail AlphaTango.
Elle permet d’acquérir les connaissances nécessaires pour exploiter un drone dans les sous-catégories A1 et A3 lorsqu’une compétence de télépilote est requise et l’examen est gratuit.
Combien de questions ?
L’examen A1/A3 actuellement proposé en France comporte 40 questions, et il n’y a pas de limite de temps et le nombre de tentatives est illimité. Pour réussir, il faut obtenir au moins 75 % de bonnes réponses.
L’attestation obtenue après la réussite est valable 5 ans et est reconnue dans les autres États membres de l’Union européenne. La formation ne consiste pas simplement à apprendre quelques chiffres.
Le futur télépilote doit notamment comprendre :
- les règles générales de la réglementation européenne
- les différentes catégories et sous-catégories
- les règles concernant les personnes
- les restrictions de hauteur
- les zones géographiques et restrictions de l’espace aérien
- les responsabilités du télépilote
- la sécurité du vol
- les risques liés à l’environnement
- les conditions météorologiques
- les performances du drone
- les procédures à appliquer en cas de problème
L’objectif est de permettre au pilote de comprendre dans quelles conditions il peut utiliser son drone et comment le faire en sécurité.
Tous les drones nécessitent-ils l'A1/A3 ?
Non, c’est un point particulièrement important. L’obligation de formation dépend notamment du drone utilisé et de la manière dont il est exploité.
Par exemple, pour un drone C0 de moins de 250 g, l’EASA indique que le télépilote doit notamment avoir pris connaissance du manuel du fabricant, mais qu’une formation A1/A3 n’est pas exigée dans le cadre actuel.
En revanche, pour un drone C1 de moins de 900 g, le pilote doit notamment suivre la formation en ligne A1/A3 et réussir l’examen correspondant.
C’est donc une erreur de dire que « tous les pilotes de drones doivent actuellement passer l’A1/A3 », par contre rien ne vous interdit de le passer, sachant que vous apprendrez surement des choses importantes.
Et l'A2 dans tout ça ?
L’A2 est une étape supplémentaire. Elle concerne notamment l’utilisation de drones de classe C2 (>900g), qui peuvent peser jusqu’à moins de 4 kg. Cette sous-catégorie permet de voler plus près des personnes non impliquées que ce qui est prévu en A3, mais elle impose des conditions précises.
Avec un drone C2 exploité en A2, il est notamment interdit de survoler des personnes non impliquées. La distance horizontale générale à respecter est de 30 mètres. Cette distance peut être réduite à 5 mètres lorsque la fonction basse vitesse du drone est activée, dans les conditions prévues par la réglementation.
Peut-on passer directement le A2 ?
Non, pour obtenir le BAPD permettant d’exploiter un drone en sous-catégorie A2, il faut d’abord :
1. Réussir l’examen A1/A3
2. Effectuer une formation pratique
3. Passer l’examen complémentaire A2
La formation pratique peut notamment être réalisée en auto-formation dans les conditions de la sous-catégorie A3. Elle peut également être suivie auprès d’un organisme de formation, mais ce n’est pas une obligation réglementaire.
On peut donc résumer le parcours ainsi :
A1/A3 → formation pratique → examen A2 → BAPD
Le BAPD en plus, pourquoi ?

Si vous possédez un drone de classe C2 (comme un DJI Mavic 3 Enterprise, Mavic 4 Pro ou certains gros drones de prise de vue pesant entre 900 g et 4 kg), la formation A1/A3 vous oblige légalement à voler à plus de 150 mètres des villes et des personnes.
Le BAPD vous ouvre les portes du vol urbain et de l’imagerie technique proche des gens avec ces machines puissantes, sans avoir besoin de basculer dans la catégorie « Spécifique » (plus lourde et coûteuse).
Vol autorisé jusqu’à 30 mètres des personnes (et jusqu’à 5 mètres si le drone dispose d’un mode basse vitesse activé).
A1/A3 ou A2 : lequel choisir ?
Cela dépend principalement du drone que vous utilisez et de l’endroit où vous souhaitez voler.
Vous possédez un drone C0 de moins de 250 g
Dans le cadre réglementaire actuel, l’examen A1/A3 n’est pas nécessaire uniquement du fait de cette catégorie de drone. Il faut néanmoins respecter les autres règles applicables et notamment prendre connaissance du manuel du fabricant.
Vous possédez un drone C1
La formation et l’examen A1/A3 sont nécessaires pour exploiter ce drone dans les conditions prévues par la sous-catégorie A1.
Vous possédez un drone C2
Si vous souhaitez exploiter les possibilités de la sous-catégorie A2, il faudra obtenir le BAPD, avec l’A1/A3, la formation pratique et l’examen complémentaire A2. Le drone C2 peut également être exploité dans les conditions de la sous-catégorie A3.
| FORMATION | A1/A3 | A2 |
|---|---|---|
| Niveau | Formation de base | Qualification complémentaire |
| Examen | Examen théorique A1/A3 | Examen théorique supplémentaire |
| Formation préalable | — | A1/A3 obligatoire |
| Drone principalement concerné | C1 et drones utilisables en A3 | C2 |
| Proximité des personnes | Selon les règles A1 ou A3 | À proximité des personnes, mais sans les survoler |
| Distance avec les personnes | Dépend du cas | 30 m, ou 5 m avec le mode basse vitesse dans les conditions prévues |
| Auto-formation pratique | Non pour A1/A3 | Oui, à effectuer et déclarer |
| Validité | 5 ans | 5 ans |
Formation et C0 ?
La réglementation européenne continue d’évoluer et les règles concernant les drones de loisir pourraient encore changer dans les prochains mois. Il est donc possible que la formation théorique prenne une place encore plus importante pour les pilotes de drones.
Pour autant, il faut faire attention aux informations qui circulent sur Internet : une éventuelle future obligation plus large de formation ne doit pas être présentée comme une règle déjà entrée en vigueur.
Le résumé à retenir
Pour simplifier :
A1/A3
→ Formation en ligne
→ Examen de 40 questions
→ Gratuit en France
→ 75 % de bonnes réponses minimum
→ Valable 5 ans
→ Permet d’exploiter dans les sous-catégories A1/A3 lorsque la compétence requise est nécessaire.
A2
→ Nécessite d’abord l’A1/A3
→ Formation pratique
→ Examen complémentaire de 40 questions
→ 75 % de bonnes réponses minimum
→ Examen actuellement à 30 €
→ Valable 5 ans
→ Permet notamment d’exploiter un drone C2 à proximité de personnes, dans les limites prévues par la réglementation.





